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28 Feb

Le premier train à Irvillac !

Publié par war-hentchou-irvilhag  - Catégories :  #Actualités

Le premier train

 

On a peine à imaginer, à notre époque, le changement considérable résultant, pour les bretons de 1867, de l’arrivée du train. En un temps où les déplacements se font à pied ou à cheval, l’irruption d’un nouveau moyen de locomotion constitue une véritable révolution. A une époque où la notion de moteur est inconnue de la très large part des habitants, l’arrivée d’une machine à vapeur bruyante, dégageant de la fumée, circulant sur rail, a très certainement bouleversé les personnes assistant à l’arrivée des premiers trains.

            En 1998, un Irvillacois se souvient avoir entendu son grand-père, décédé en 1942, lui raconter qu’il avait assisté, tout jeune, au passage du premier train en compagnie d’un groupe d’adultes. La réaction de ces derniers, face à cet extraordinaire spectacle, est rapportée ainsi : « Kaout a ra deoc’h e ya hennezh dre vertuz Doue, a houlenn ar re goz an eil gant egile ». Cette phrase peut être ainsi traduite : Croyez-vous que celui-là (cet engin) circule par la grâce de Dieu, se demandaient entre elles les vieilles personnes. 

 

E) La gare

 

gare-copier.jpg

 

Construite vers la fin du XIXe siècle la gare, dénommée « Daoulas-Irvillac », aura une grande importance pour la commune et ses environs, jusqu’à la fin de la guerre 1939-1945.

 

 
1 – La gare et ses installations

 

Le bâtiment principal de la gare, aujourd’hui détruit, était tout à fait semblable à ses « cousins » de Dirinon et de Hanvec[1] . A proximité immédiate se situait une déviation ferroviaire appelée « gare des marchandises ».

            A hauteur de la gare, la voie ferrée était double afin  de permettre le croisement de trains allant vers Landerneau ou vers Quimper.

La gare était dirigée par un chef de gare, assisté d’un adjoint.

 

2 – Les activités de la gare entre les deux guerres

 

La gare a constitué, entre les deux guerres, un important pôle d’activités tant pour le transport des passagers que pour celui des marchandises. Par ailleurs, plusieurs commerces y étaient étroitement liés.

 

a-) le transport des passagers


Ce n’est qu’à partir des années 1925 qu’un système de transport régulier par car s’est organisé, principalement pour les distances moyennes (Irvillac-Landerneau notamment). Le train a donc longtemps représenté l’unique moyen permettant de parcourir des distances importantes ; il le restera jusqu’au développement de la circulation automobile.

Pour Irvillac et sa région, la gare est donc le point de ralliement pour rejoindre Brest, Quimper ou d’autres destinations. Le dimanche soir voit affluer les passagers : les marins de « la Royale », nombreux à cette époque, arrivent à pied de Logonna, Daoulas, l’Hôpital-Camfrout et Irvillac pour rejoindre leur base à Brest ; il en est de même des lycéens, pensionnaires à Brest, à la fin des vacances scolaires. Ce soir là, le train affiche complet. Les jours de marché à Landerneau, nombre de cultivateurs utilisent aussi le chemin de fer, en emportant avec eux les produits à vendre.

b-) le transport des marchandises

Le transport par camion étant peu développé entre les deux guerres, un important trafic existe à la gare. De bons chargements de produits de la mer, en provenance de Logonna (essentiellement huîtres et coquilles saint jacques) sont expédiés vers les grands centres. Deux négociants, installés près de la gare, organisent par la voie ferrée le commerce d’engrais et l’expédition de pommes de terre et de céréales. Le dépôt de la coopérative de Landerneau situé au bourg, est également approvisionné par la gare.

Le train dessert aussi, chaque jour, le courrier destiné aux habitants de la commune.

c-) les commerces

Outre les deux commerces déjà cités (fortifié, pour l’un, par la vente de boissons et de charbon) deux cafés sont installés à la gare ; l’un d’entre eux sert également des repas.

Un café est doté d’un piano automatique, ce qui permet aux jeunes de se retrouver en fin de semaine, principalement le dimanche, pour danser : c’était, paraît-il, un rendez-vous apprécié. Avant le départ des voyageurs, le dimanche notamment, les cafés sont bondés.

 

3 – Le déclin et la fin de la gare

 

La gare, si active entre les deux guerres, va rapidement décliner entre 1945 et 1950. Le développement du transport par camion restreint en effet le flux du transport de marchandises ; la forte augmentation des véhicules de tourisme réduit aussi de plus en plus le transport des personnes par chemin de fer.

Un chef de gare reste cependant en poste jusque 1969. Le train continue à s’arrêter régulièrement à Irvillac jusqu’en 1976, malgré le très faible nombre de voyageurs. Les arrêts cessent totalement à cette date.

La gare, et les bâtiments annexes, sont détruits le 20 avril 1984. Si un des deux cafés a fermé à la veille de la guerre, l’autre est resté ouvert jusque dans les années 1970.



[1] On voit nettement la gare, ainsi que l’arrivée d’un autorail, dans le film tourné en 1976 à Irvillac : « Quand l’amour vient » d’Hervé Baslé.

 

 

EXTRAIT DE "Irvillac, une histoire, un patrimoine" tome 2 Edition W.H.I.

en vente en Mairie d'Irvillac

 

 

 

Aujourd'hui, au moment ou le prix du carburant atteint des sommets, l'arrêt des trains en gare d'Irvillac est de nouveau "d'utilité publique"

Espèrons que les collectivités chargées du dossier interviennent rapidement, pour cette future desserte..

 

 

 

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