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Informations sur l'activité culturelle de l'association WAR HENTCHOU IRVILHAG MAIRIE 29460 IRVILLAC

04 Jan

La grande troménie des peintres..

Publié par war-hentchou-irvilhag  - Catégories :  #Actualités

La Grande Troménie de Locronan a attiré des dizaines d'artistes au cours du XXe siècle. Deux Finistériens percent son secret dans un très beau livre. Il paraîtra en juin.
Grande-Tromenie-de-Locronan-re-suite.jpg
Tous les six ans, cette grande procession recommence. Douze stations qui font le tour, en 12 km, du Menez-Lokorn, cette montagne magique de Locronan (Finistère). Il en sera de même l'été prochain encore, du 13 au 21 juillet. Son origine se perd dans la nuit des temps, « bien avant la christianisation, qui attribue ce rite à saint Ronan, au VIe siècle », explique Fañch Le Hénaff. Graphiste et enseignant, mais avant tout enfant de Locronan, Fañch n'a « jamais manqué »ce rendez-vous étrange.

Mais c'est quoi, au juste, le sens de cette ample et longue boucle ? « C'est une fête solsticiale, un rite calendaire préchrétien, un espace sacral antique. Sans doute le plus ancien d'Europe. C'est un rite extrêmement élaboré. » Car chacune des douze stations correspond aux douze mois du calendrier celtique. « Physiquement, au cours de cette pérégrination, le marcheur refait le parcours du soleil au cours de l'année. » La topographie du Menez-Lokorn s'y prête, avec son sommet où le soleil culmine au 1er août.

La Grande Troménie est donc beaucoup plus qu'un simple pardon religieux (même si le christianisme a tenté de la récupérer en fondant, au XIXe, la petite Troménie qui, elle, est annuelle). « Chacune des douze stations avait sa fonction et son rite », comme la fécondité pour Gazeg vaen, la jument de pierre. Beaucoup de ces menhirs ont disparu, mais de nombreux témoignages les attestent. À commencer par les dessins de Mathurin Méheut.

Sur le vif

« C'est au début du XXesiècle que débute l'intérêt des peintres pour la Troménie », raconte Armel Morgant, journaliste écrivain qui a signé de nombreux ouvrages sur la Bretagne (Toulhoat, Le Minor, etc.). Jeanne Malivel serait la première à s'intéresser à ce rite étrange, en 1923. Puis arrive la Troménie de 1929, les artistes s'y bousculent. Photographe et cinéastes de la fondation Kahn, René-Yves Creston (fondateur du mouvement Seiz Breur avec Jeanne Malivel). Et, surtout, Mathurin Méheut et Yvonne Jean-Haffen.

Fascinés par cette unicité de temps et de lieu, où se presse une foule immense et bigarrée, parée de sa ferveur et de ses plus beaux costumes, ils y reviennent en 1941, « accumulant croquis, gouaches et toiles », racontant chaque détail du parcours.

Leur jeune élève de 17 ans, l'Alsacien Frédéric Back, fait de même : « Une centaine d'oeuvres en une semaine », reprend Fanch Le Hénaff qui est allé rencontrer Frédéric Back, voilà un an, à Montréal, au Canada.

Costumes bretons, menhirs, cahutes, « tous ces peintres témoignent humblement de choses disparues. En ethnographes, en journalistes, ils travaillent sur le fait. » Pierre Péron, Jim Sévellec, Emmanuel Marcel-Laurent, Géo Fourier, René Quéré, Patrice Cudennec, Pierre Toulhoat, Jean Bazaine, Yves Floch, poursuivent cette approche.

Le tout, qui n'a jamais fait l'objet de véritable publication, est colossal : près de 300 oeuvres recensées à ce jour. Avec une patience de bénédictins, Fanch Le Hénaff et Armel Morgant ont réalisé ce collectage à travers tous les musées et les collections privées. Étape par étape, la Troménie sera ainsi reconstituée dans leur ouvrage à travers l'oeil des peintres. Et commentée, grâce aux analyses ethnographiques de l'universitaire Donatien Laurent. De quoi en faire un beau livre d'art (160 pages), mais aussi un guide de référence sur la Troménie.

Il paraîtra en juin. Au rendez-vous pour le prochain tour du Menez Lokorn, cette montagne magique.

Site Web pour cette image

Grande Troménie de Locronan (re...suite) (mes créations) posté le mardi 26 ...

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Contact : a.morgant@wanadoo.fr

Christophe VIOLETTE.

  
Ouest-France  
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