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Informations sur l'activité culturelle de l'association WAR HENTCHOU IRVILHAG MAIRIE 29460 IRVILLAC

03 Mar

La chapelle Notre Dame de Lorette: une restauration indispensable !!

Publié par war-hentchou-irvilhag  - Catégories :  #Actualités

Notre-Dame de Lorette

 

            Elle est située au lieu dit Coatnant ; elle date de 1629-1634.

 

1) Description de la chapelle

 

a) Aspect général

 

            La chapelle, en forme de croix latine, possède trois entrées. Elle est éclairée par des grands vitraux peints situés à chaque aile et par deux petits vitraux encadrant le  choeur. Elle est munie d'un clocheton, peu élevé ; une cloche y est attachée. Elle comporte une sacristie ; le sol est dallé. La voûte est lambrissée.

            Au nord, une inscription est gravée sur une pierre extérieure : "Ce pignon en triangle fut fondé le 21 de novembre 1634" (un pilier intérieur porte la date de 1629).

            Au sud, une pierre sculptée, encastrée dans le mur extérieur représente la Mise au tombeau avec six personnages (cette pierre daterait de la fin du XVe siècle ou courant du XVIe). Une statue en pierre de l'Ecce Homo se situe au midi, à l'angle.

            Au-dessus de la porte principale est représenté un moine franciscain, tenant un calice : cette statue de 1.07 mètre de hauteur représente Saint Pascal Baylon, mort en 1592 et béatifié en 1618. Ce Saint Pascal, dû à un sculpteur inconnu, rayonne de ferveur spirituelle.

retable800.jpg

 

b) L'intérieur

 

> La chapelle comporte un maître autel, et un autel dans chaque aile. Sur le lambris du choeur, on observe deux bas-reliefs en bois polychrome représentant la Résurrection du Christ et l'Assomption.

            Dans l'aile nord, devant l'autel, se trouve un tableau du Saint Coeur de Marie et deux sibylles en bas-relief, Phrygia et Delphica.

            Devant l'autel de l'aile sud, se dresse un tableau du Sacré Coeur et deux autres sibylles, Persica et Hellesponteca.

 

> De nombreuses statues en bois polychrome ornent l'intérieur de la chapelle :

- une Vierge à l'Enfant, dite Notre-Dame de Lorette (XVIe siècle) se tient dans la niche du chevet. La tête, couverte d'un voile, est couronnée. Elle tient de la main droite une tige feuillagée, surmontée d'une petite colombe que l'Enfant Jésus caresse d'une main, tandis que de l'autre, il tient la boule du monde.

- une deuxième Vierge à l'Enfant, debout sur le croissant de lune (XVIIe siècle), les cheveux retenus par un bandeau. Elle se trouve dans l'aile nord.

- une troisième Vierge à l'Enfant (XVIIe siècle).

- Saint Joseph (XVIIe siècle) dans l'aile sud.

- Sainte Barbe, avec sa tour, dans le choeur.

- un saint diacre, la main gauche levée et ouverte, tenant de la main droite un livre fermé ; statue dans le choeur.

- un évangéliste assis, écrivant de la main droite et tenant un écritoire de la main gauche, dans l'aile nord.

- un évêque en chape, mitre et crosse, dans l'aile nord.

            Lors d'une exposition régionale à Rennes en 1956 "Présence du Christ dans l'art breton", la statue de Saint Pascal Baylon et le bas-relief du choeur représentant la Résurrection furent exposés.

            Selon Louis Le Guennec49, plusieurs statues ont été placées au musée de l'évêché, entre autres Saint Wintroc ; il s'y trouvait aussi une vierge mère, dite Notre-Dame de Narguen.

 

c) L'environnement

 

             Dans un article sur Coatnant, Keranforest décrit l'environnement de la chapelle : "Trois arbres, une prairie, un ciel qui se mire dans une mare, une curieuse fontaine, une chapelle, quelques maisons anciennes, voilà Coat-Nan. [...] Il ne s'agit pas d'un de ces ensembles célèbres qu'on signale au touriste. Qui connaît Coat-Nan ?

            Coat-Nan est un hameau d'Irvillac, installé au bord d'un ruisseau qui court vers l'anse du joli bourg de L'Hôpital-Camfrout. Quelques maisons alignent leurs façades simples et sympathiques, le long de la "rue" qui descend sur la "place". Là, près de la grande fontaine, deux maisons, qui servirent peut-être de logis aux clercs attachés à l'ancienne chapelle. [...] Deux bâtiments bien proportionnés qui montrent des fenêtres à croisées de pierre, des portes rondes, un escalier en tourelle [...] complètent l'ensemble de Coatnan." Sans eux, "la fontaine paraîtrait orpheline, l'endroit perdrait la moitié de son attrait, cela ne fait pas de doute"50.

            On peut en complément de cette originale description, préciser :

- devant la chapelle est située une fontaine monumentale abritant, sous sa voûte, une statue en pierre de la Vierge à l'enfant. Elle est surmontée d'un curieux calvaire de Roland Doré avec deux bras courbes comme dans les croix de procession, chacune supportant deux statues géminées, Notre-Dame et Saint Yves d'une part, Saint Jean et Saint Pierre d'autre part. Sur le croisillon, la croix des larrons, le crucifix a disparu. La croix centrale est datée de 1664. Sur le devant de la fontaine se trouvent également deux statues. Au pied du fut se trouvent, dans des renfoncements, une statue de la Vierge et une autre du Christ ; plusieurs emplacements sont vides.

- une autre fontaine en pierres taillée est située plus haut dans une prairie. La statue du saint protecteur, Saint Jean, a disparu.

 

2) Quelques éléments d'histoire

 

            La chapelle fut construite entre 1629 et 1634, selon les dates portées sur le monument. Probablement existait-il déjà, avant cette construction, un édifice en ce lieu.

 

a) Son nom

 

            Pourquoi est-elle appelée Notre-Dame de Lorette ? Une basilique située à Lorette, en Italie, abrite la maison de la Vierge, qui y aurait été transportée miraculeusement. Ce nom est porté par d'autres chapelles et sanctuaires de Bretagne et montre la dévotion existant, aux XVIe et XVIIe siècles, à la basilique abritant la sainte maison de Nazareth.

 

b) 1789-1815

 

            En 1790, le fabricien de la chapelle est Marc Guennou, de la "métairie de Coatnant". A cette époque, le pardon a lieu le troisième dimanche d'août. Lors de la pesée des cloches, en 1792 (destinée à fournir l'armée en métal) celle de Coatnant atteignait 253 livres (contre 167 pour celle de Saint Jean). Afin d'éviter le départ de la cloche vers un avenir incertain le maire écrivit, le 8 juillet 1792, aux autorités pour défendre la chapelle et sa cloche50.

 

c) XIXe siècle

 

            En 1822, une restauration de la chapelle, qui tombait en ruines, fut entreprise. A cette occasion, certaines parties du monument, en mauvais état, ne furent pas réparées et des pierres taillées furent vendues à des particuliers, pour agrémenter des maisons d'habitation : c'est le cas d'une maison au Leuré qui comporte, en façade et en toiture, plusieurs belles pierres sculptées.

            Le cahier des comptes de la fabrique d'Irvillac mentionne les revenus de la chapelle : 408 francs en 1865, 507 francs en 1870, 311 francs en 1879. Il est aussi précisé, à titre d'anecdote que furent payés au bedeau et aux enfants de choeur, le 11 mai 1863, 2 francs "pour leur dîner au pardon de Coatnant".

            Citons les noms de quelques fabriciens : Jean Brenaut de Kergavarec (1869), Mr Gouriou de Bodiler (1870), Jean Mazéas de Créac'h Menguy (1881), Alain Monfort de Kerinot (1882), Jean Quillien de Kerdadic (1883), Urbain Treguer de Mezmerc'hou (1884).

            Avant la restauration de 1822, la chapelle revêtait une plus grande dimension. Sur ce point, Mr Le Goff, recteur en 1902, pour faire valoir des droits sur les arbres entourant la chapelle, fit remarquer qu'ils étaient plantés sur une plate-forme entourant en grande partie la chapelle actuelle et qui constitue la base des anciens murs de la chapelle primitive51.

 

d) Le pardon

 

            En 1806, le recteur, Mr Paugam écrivait que cette chapelle était très fréquentée par un grand nombre de pèlerins. Au début du XXe siècle, Louis Le Guennec évoque "un lieu de pèlerinage attirant les foules"52. De fait, ce pardon était assidûment suivi par les habitants des quartiers attachés à la chapelle. Si cette assiduité s'est réduite, le pardon est toujours célébré, en présence d'une assistance recueillie, le premier dimanche de mai.

            Avant la dernière guerre se tenait, outre le pardon de mai, une autre cérémonie le premier dimanche de décembre. A cette époque, la messe du matin était suivie de vêpres l'après-midi. Une procession, qui se tenait encore dans les années 1980, se déroulait sur la route remontant sur Malenty, toutes bannières déployées.

 

e) Une grande procession en 1945

 

            Un vif combat opposa, à Irvillac, le 16 août 1944, des résistants à une colonne allemande, qui se repliait de Brasparts vers Plougastel. Cet engagement, qui se déroula à la sortie du bourg, sur la route du Tréhou, causa de nombreux morts. A la suite de cet événement, il fut craint que des représailles soient exercées par les Allemands. En fait, rien ne survint.

            L'abbé Le Pape, recteur, et l'abbé Marc, vicaire, décidèrent alors d'honorer la Sainte Vierge en remerciement, en amenant la statue de Notre-Dame de Lorette, basée à la chapelle de Coatnant, dans le choeur de l'église paroissiale. Il fut décidé qu'elle y resterait jusqu'au retour du dernier prisonnier de guerre. Plusieurs hommes de la commune étaient en effet toujours retenus en Allemagne.

            Ainsi Notre-Dame de Lorette fut abritée, plus d'un an, dans l'église Saint Pierre. Le dernier prisonnier à revenir de captivité, en octobre 1945, fut Joseph Denniel, originaire de Forsquilly en Saint Eloy et marié à une Irvillacoise. Le retour de Notre-Dame de Lorette fut alors organisé.

            Il donna lieu, un dimanche d'automne 1945, à une grande procession de l'église à la chapelle de Coatnant. Il y avait foule car l'ensemble des habitants était, pour cette occasion, présent ou représenté. La statue fut portée, en tête du cortège, par quatre personnes. En cours de route, des participants cueillirent du houx à boules rouges pour décorer la chapelle à leur arrivée. Plusieurs furent mouillés par un violent orage, qui se déclencha en cours de procession.

            A cette occasion, un chant fut écrit par l'abbé Marc. En voici deux couplets :

 

                                               A Notre-Dame de Coatnant

 

O, Vierge tutélaire                                                  A toi seule espérance

Toi qui porte aux cieux                                          Dans un élan d'amour

Le cri de nos prières                                              Avec ferme confiance

Et de nos coeurs pieux                                         Nous avons tous recours.

En ce doux sanctuaire                                          Nous te vouons nos vies

A l'heure du danger                                               Au pied de ton autel

Notre paroisse entière                                           A Koatnan, terre bénie

Est venue t'implorer                                               Dans un voeu solennel.

 

VOIR LE DIAPORAMA de la chapelle avant sa restauration :

musique: Gwen kerleo, images: PLH 

 

 

 

EXTRAIT DE "IRVILLAC, UNE HISTOIRE, UN PATRIMOINE" TOME 1

Edition W.H.I

En vente en Mairie d'Irvillac

 

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f) Une restauration complète en 2009/2010

 

La commune d'Irvillac a engagé la restauration complète du génie civil de la chapelle, y compris les vitraux en 2009 et 2010, War Hentchou Irvilhag y a participé.

Les retables, cependant, sont restés dans l'état, une nouvelle opération devra etre lançée à terme.

Une souscription publique  avec le soutien de la Fondation du patrimoine est en cours.

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